« Certains chiens ont besoin de fermeté »  « Il faut montrer au chien qui est le chef. », etc.

Qui sont ces chiens ? Ces chiens qui nécessitent une méthode « différente », ceux pour qui l’éducation positive et bienveillante ne suffirait pas ?
Généralement ce sont des chiens énergiques/de travail, qui sont donc particulièrement vifs et dont les instincts de travail sont très présents. Ceux qui peuvent rediriger leurs instincts sur des humains ou des véhicules et qui, s’ils sont frustrés, peuvent même devenir un danger pour eux-mêmes ou leur entourage. Il y a également les autres chiens dont l’instinct de prédation est très présent, les chiens de chasse. On peut également citer les terriers, car ils sont « « « têtus » » » ainsi que les molosses et les très gros chiens, puissants en général. Mais aussi, les primitifs et nordiques car ils sont plus proches de leurs instincts.
Bref, vous l’aurez compris, n’importe quel chien tant que le propriétaire en est convaincu 😉

Le problème avec la FERMETÉ

Alors ces chiens ont-ils besoin de fermeté ? Non, pas spécialement, ils ont besoin d’être éduqués de manière bienveillante, comme les autres, en prenant en compte les besoins inhérents à leur race. Tous les chiens apprennent de la même manière, quelle que soit leur race.

Je déplore la fameuse expression « main de fer dans un gant de velours » qu’on peut souvent lire dans les annonces d’adoption voire les descriptifs de race. Ou encore le : « Il lui faut un maître doux mais ferme ». Alors oui « gant de velours », ça veut dire être doux, non ? Ferme et doux à la fois ? Comment faire ? Ça prête à confusion et le mot « main » implique qu’il est nécessaire d’utiliser le contact physique voire de corriger pour éduquer le chien. En outre, ça sous-entend que le propriétaire doit être le maître à respecter et non une personne de confiance qui guiderait le chien. S’instaurerait ensuite un rapport de force entre le chien et son propriétaire. Selon moi, c’est incompatible avec une éducation basée sur la confiance. Cela vaut aussi pour la rééducation, un chien réactif/agressif et donc peu sûr de son environnement n’a pas besoin de fermeté. Enfin, il faut également garder à l’esprit que certains chiens sont plus sensibles que d’autres et qu’un ton ferme peut suffire à ce qu’ils se replient sur eux-mêmes.

La cohérence
Petra quand elle entend que les bouviers australiens ont la tête dure et qu’il faut donc être ferme avec eux.
Petra quand elle entend que les bouviers australiens ont la tête dure et qu’il faut donc être ferme avec eux.

Tous les chiens ont besoin de la même chose : de cohérence et de bienveillance de la part de leur éducateur (Le premier éducateur du chien reste le propriétaire 😉).

Si un jour, vous acceptez qu’il monte sur le canapé, mais pas le lendemain, le chien risque d’être perdu. Vous allez être frustré car votre chien montera sur le canapé même quand vous ne le voulez pas. De même, si parfois vous le laissez tirer en laisse pour accéder plus rapidement à une odeur/un chien, ne vous attendez pas à ce qu’il ne tire plus en laisse le lendemain. Si vous lui donnez PARFOIS quelque chose de votre assiette, ne vous demandez pas pourquoi il réclame, etc.

Cohérence est le maître mot en éducation, et pour cela on n’a pas besoin d’être ferme. TOUTES les races de chien ont besoin de cohérence dans leur éducation, pas seulement les races considérées plus puissantes ou « têtues ». S’il est vrai que certains chiens nous feront regretter plus rapidement notre manque de cohérence que d’autres, c’est surtout une question de personnalité et non de race ou de taille/puissance. Le chien reste opportuniste.

Peut-on instaurer des règles sans fermeté ?

Ce n’est pas parce qu’on éduque de manière positive qu’on n’établit pas de règles. Communément on dit de récompenser les « bons » comportements et ignorer les comportements indésirables. C’est une vision tronquée de l’éducation positive, loin d’être suffisante.
Ignorer un chien qui se sert sur le plan de travail de la cuisine ne va pas vous aider. Lui hurler un « non » alors qu’il est déjà en train de dévorer une cuisse de poulet volée, ne risque pas de suffire non plus. Cependant, en travaillant les autocontrôles du chien tout en ne laissant aucune place pour les échecs (c’est-à-dire ne pas laisser un plat de bourguignon sur le bord de la table et quitter la pièce), on peut le conditionner à ne pas aller voir ce qui se passe en hauteur dans la cuisine. De même, on peut très bien apprendre à un chien à ne pas passer la porte d’entrée dès que celle-ci est ouverte, ne pas entrer dans certaines pièces, etc. Établir des règles, c’est être au clair avec soi-même dans ce qu’on accepte de notre chien ou non, et ça peut se faire sans fermeté dans la voix ou les gestes.

Ici J’AI pour règles que les chiens ne mettent pas les pattes avant sur les tables et plans de travail, qu’ils ne passent pas le portail quand il est ouvert sans notre signal et, pour Petra, de ne pas venir nous réveiller en nous sautant dessus quand elle a fini sa nuit.

Ces règles sont en fait pour moi : JE me fixe comme règle qu’ils ne répètent pas ces comportements que JE juge indésirables. Je leur apprends alors qu’il est bien plus payant de :

  • Rester en dehors de la chambre tant qu’on n’est pas debout
  • Attendre notre signal pour sortir du jardin
  • Laisser les 4 pattes au sol dans la cuisine

Ces « règles » sont donc apprises dans la bienveillance, sans fermeté.


Là où la fermeté amènera à une surenchère des moyens utilisés et un rapport de force (plaisant pour personne), la cohérence rendra le comportement de votre chien plus fiable… et ce, dans la bonne humeur 😊

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